Aimer, simplement !

Un texte qui n’a rien à voir avec le reste de l’histoire, il y trouvera peut être sa place un jour…

J’ai besoin de câlin ! J’ai besoin qu’on me touche ! Attention j’ai bien dit qu’on me touche, je n’ai pas besoin de sexe !

Je voudrais qu’on me prenne dans les bras, qu’on m’enlace tendrement qu’on passe sa main doucement sur mes cheveux, qu’on me parle à l’oreille, qu’on câline mon dos. J’aimerais sentir le dos d’une main glisser doucement sur ma joue, sentir une peau contre mes épaules, mes bras, le bas de mon dos. Je voudrais que l’on découvre le contour de mes chevilles, la tension de mes mollets, le creux de mon genou, mes cuisses rondes et douces avant de s’intéresser à l’entre jambe qui n’est qu’un final possible.

Le sexe c’est le bouquet ultime d’un feu d’artifice ! Si on ne lance que le bouquet, la foule réunie pour le spectacle restera là à attendre la suite, elle ne comprendra pas que c’est fini, que plus rien ne viendra faire briller leur yeux et réjouir leur oreilles ! Elle restera déçue et frustrée !

Le sexe c’est la cerise sur le gâteau ! Essayez un peu de proposer en dessert à toute la famille de se partager la cerise sans faire le gâteau ! 

Le sexe c’est le passage de la ligne d’arrivée après un marathon ! Vous voulez voir ce que serait une arrivée de marathon placé juste après la ligne de départ, sans que personne ne courre…

Le sexe c’est l’allumage du barbecue… essayer de cuir vos merguez si vous n’avez placé ni le charbon de bois, ni aucun combustible autre que cette allumette !

Le sexe c’est la chute d’une bonne histoire… C’est l’atterrissage d’un saut en parachute. C’est le gong du four lorsque le rôti est cuit à point. C’est le tombé de rideau à la fin du concert. C’est le dénouement de l’histoire d’un bon roman policier. C’est le coucher du soleil après une belle journée tendre. C’est l’éclosion de l’œuf après la couvade. C’est la descente du train après un grand voyage. C’est les vacances annuelles, c’est noël, c’est férié, c’est fête !

Le sexe c’est un truc qu’on attend dans l’excitation montante, c’est l’aboutissement d’une randonnée du désir … c’est un cadeau, un partage, une réjouissance qui n’a de sens que lorsqu’il intervient après ce qui doit le précéder ! Quoi ? Qu’est ce qui doit, peut devrait précéder le sexe selon moi ? Hum… la tendresse, la connivence, le désir, un moment chaleureux, drôle et partagé, un échange où l’affection est palpable, un sourire du cœur, un levé de soleil du corps, des mains qui se frôlent qui se croisent les doigts en jouant du piano sur deux peaux nues, de la gentillesse gratuite déposé dans le creux d’un oreiller, un sentiment de bien être ensemble…

Avant le sexe on ne tamise pas les lumières, la luminosité baisse toute seule du fait que nos yeux se plissent de plaisir anticipé. Pas besoin de faire de la gymnastique, du préchauffage de clitoris, des dépenses en lingerie fines… On en arrive à ça lorsqu’on n’a plus naturellement le reste qui nous vient aux lèvres… C’est un genre de manivelle pour les voitures qui n’ont plus de démarreur… C’est si « artificiel » que c’est à se demander s’il est besoin d’un partenaire pour se satisfaire sexuellement !

Moi ce n’est pas le sexe qui me fait courir, c’est la tendresse qui mène les couples dans une relation sexuelle épanouie. C’est cette rencontre de peaux, de mots et d’envies que je trouve si jolie et qui me « touche tant » que j’en rêve, même le jour ! J’aime mon homme à le caresser durant des heures. J’aime mon homme à humer sa peau, suivre ses plis, escalader ces courbes ! J’aime mon homme lorsque j’entends son pas, que je reconnais sa voix, lorsque dans une foule, je souris à son crâne tout là haut. J’aime mon homme comme un gâteau et peu m’importe la cerise ! Mon homme est un voyage, pas une destination ! Mon homme est une sérénade charmante qu’aucun rideau ne viendra interrompre, et ce n’est pas moi qui m’en plaindrait !

Il parait que les femmes ne vivent pas l’amour comme les hommes… possible ! Pour ma part je préfère tout partager avec mon amour sauf le sexe que…  l’inverse ! Et moi c’est comme ça que je l’aime !



C’est qui le patron ?

Après un appartement trop froid, un trop petit et un autre trop énervant à cause du voisin du dessus, la petite famille de Ludmi déménage encore. Depuis que Maurice à trouvé du travail dans une jardinerie, il se donne à fond dans son métier. De vendeur à premier vendeur, le voici « chef de rayon ». Cela ne change pas grand-chose dans son intimité, il gagne plus mais épargne plus aussi. Il rêve d’ascension sociale, comme d’autre rêve d’amour… Un poste de sous directeur se libère, le prendra-t-il ? Cette fois ce n’est pas sur la région, il faudrait que Ludmi abandonne son travail… Le recruteur est clair avec Maurice, la grosse enseigne qui est intéressé par son profil veut que son personnel soit mobile et change de région tous les 4/5 ans. L’angoisse sera de courte durée, Maurice ne passe pas la dernière étape du recrutement, il n’a aucun diplôme, aucune formation même dans la vente ! Il voulait faire un bac agricole, parce qu’il aimait les plantes. Devenir directeur avec un BEPC, il ne faut pas rêver ! La déception le rend taciturne. Ludmi au contraire est une boule d’énergie, son Athequest est un soleil, elle croit en l’avenir.

Et si on lui faisait faire un deuxième bébé se dit Atoum ! D’une part il a lu que les enfants uniques étaient souvent capricieux et mal élevé, d’autre part il a bien vu les frémissements des spectateurs autour de « l’instinct paternel » de Maurice ! Le succès du Théâtre Pankouymir c’est aussi les interactions entre les marionnettes et la salle qui en sont responsable. Souvent le public s’autorise à interpeller les marionnettes, qui alors répondent volontiers ! Toutes les scènes contiennent un moment où un des personnages ne parlent qu’au public ! Avant la fin de la séance, il n’est rare d’entendre Ludmi posant une question au public sur la suite du scénario ! Les gens adorent croire qu’ils ont une responsabilité dans l’histoire. Bien sur que ce n’est jamais le cas, la question est posée de telle façon que la réponse est forcément celle prévue dans la scène suivante. Qu’importe ! Cette « participation » leur permet de s’investir encore davantage dans l’histoire et de grossir le compte en banque de Mr Pankouymir ! C’est vrai qu’il a des frais, le théâtre de marionnettes ce n’est plus comme autrefois de simple pantin de bois qu’on agite avec des fils, cela n’est que la façade interactive. Comme les décors, beaucoup de scène sont filmées à l’avance et servent de fond au jeu des marionnettes. L’apport des images de synthèse est évident puisque quasiment la moitié de chaque épisode se résume à la projection de l’histoire déjà enregistré.

En permanence Atoum gère deux équipes, une sous les ordres du metteur en scène qui donne le spectacle, et une sous les ordres du réalisateur qui filme, les décors et les parties préenregistrées. Chaque « saison » est produite pendant 6 mois. Parfois Atoum en enchaine deux, parfois il prend deux mois de congés, bien mérité !

Dans la salle du théâtre la tension monte, Ludmi veut un deuxième bébé, pour les élever ensemble. Maurice pense qu’un c’est suffisant… Le public est partagé… Athequest ronronne, le pantin bambin sort de la scène et vient se promener au milieu des gens ravies. Le marionnettiste, bien qu’habillé de en noir est comme transparent, Athequest est la vedette ! Lorsqu’il remonte sur la scène, la salle est unanime et crit « un bébé, un bébé » Maurice se rend à l’avis de tous, Ludmi est heureuse, et enceinte dès la tombé du rideau.



l’anonymat

Atoum marchait nonchalamment  le long de la Saône. Il ne regrettait pas un instant de pouvoir se promener dans la foule dans le plus parfait anonymat. Ses marionnettes étaient célèbres, mais il avait toujours protégé son visage au moyen d’un masque lors des très rares interviews qu’il avait accordées. Aucun élément sur sa vie privée n’avait jamais filtré.

Il faut dire que pour ce qu’il avait de vie privée… C’était plutôt privé de vie qu’il était aux yeux de la plupart de ces voisins ! Atoum n’avait pas d’amis, du moins il n’en venait jamais chez lui. Avait-il eut de la famille ? Aucune photo dans un cadre ne venait en attester sur les murs de son appartement. Il parlait peu, même à la concierge, se contentant d’un bonjour poli, avant de fuir la relation. La famille du quatrième pensait qu’il devait être gardien quelque part, vu ces horaires de travail. Le vieux garçon qui vivait sur le même pallier ne parlait plus à personne depuis longtemps, on ne pouvait pas compter sur lui pour en savoir plus ! Les gens de la résidence avaient finis par se faire une raison. C’était un original et un solitaire ! Il ne faisait pas de bruit ni de saleté, alors on arrêta de tenter de savoir qui il était. Bien sur son producteur, le réalisateur, le metteur en scène et les assistants qui travaillaient pour lui savait bien quelle tête il avait. Ils étaient sous contrat et s’étaient engagé à la plus grande discrétion le concernant, sous peine de devoir le dédommager de sommes faramineuses. Jamais aucun ne parlerait ! De toute façon, ils travaillaient ensemble, point. Atoum ne se liait jamais avec personne, pas plus au travail qu’ailleurs !

Au Théâtre Pankouymir, on ne peut pas dire que ces employés l’aimaient, mais ils le respectaient. Il était correct et payait bien. Les scénarios étaient clairs et les pièces avaient du succès. Que demander de plus ? Les assistants marionnettistes travaillaient principalement sous les ordres du metteur en scène, et c’est à lui qu’ils s’adressaient en cas de difficultés. C’est  le metteur en scène qui était le seul à oser discuter avec Atoum, c’était son boulot, il écoutait le patron et venait transmettre les ordres au reste du personnel. Une fois l’an Atoum acceptait de manger au restaurant avec son producteur. Le reste des contacts avec lui se passait par téléphone ou par mail.

Lorsqu’Atoum n’était pas sur son lieu de travail, ou sur l’un des 17 itinéraires qu’il utilisait pour se rendre à son appartement, le marionnettiste n’était plus lui-même ! Atoum Pankouymir n’existait plus dans cette réalité là, il devenait « les autres », tous les autres, tour à tour. Il vivait les émotions, les sentiments, les désirs de personnages imaginaires. Il vivait intensément ce qu’il n’était pas ; Il n’existait de toute son âme que lorsqu’il s’inventait lui-même. Était-il fou ? C’est possible ! Atoum était personne, Atoum était tous le monde. Atoum n’était vraiment vivant qu’au travers de ces pantomimes ! Est-ce qu’il arrive parfois aux acteurs de n’être plus qu’un rôle ? C’est ce que semblait être notre marionnettiste, comme si sa vraie personnalité c’était dispersée, avait fondue ou disparue dans celles de ces personnages et de son théâtre de marionnettes !



on se place

Atoum Pankouymir pouffe d’amusement en quittant le petit théâtre ce jour là. Bien sur que les spectateurs ont applaudis et ont investis moult émotions dans l’histoire des « fils de Ludmi », mais justement : ils sont indécis et troublés. Dès le soir de la première »fessée, les réseaux sociaux se sont déchaînés. Certains veulent mettre le père en prison, d’autres veulent prendre mettre le gosse à l’assistance public puisque la mère ne le protège pas assez. Il y a ceux qui veulent qu’elle divorce, ceux qui pensent qu’elle doit se soumettre à son mari, chacun se mobilise pour l’un ou l’autre parent… et tous pensent avec effroi à l’avenir de l’enfant ! Que deviendra-t-il ? Pardonnera-t-il un jour à ces parents ? La salle de spectacle promet d’être comble un bon petit moment !

Ce qui est clair c’est que Maurice ne s’aime pas, inconsciemment il pense que sa femme, (puisqu’elle l’aime) est aussi « mauvaise » que lui. Sans le vouloir il va la rendre responsable de ces propres défauts. C’est un peu comme un malade qui pour supporter son état, tente de rendre sa femme malade à sa place. Dans l’intimité il peut se montrer cruel et violent. Jamais il ne se remet jamais en question, et réussit à chaque fois à laisser Ludmi penser que c’est elle, la coupable. A la moindre tentative de rébellion de « sa moitié », Maurice se glisse dans le personnage de la victime, se fait gentil et serviable si cela sert ces intérêts. Il aime faire rire de sa femme lorsqu’il est en groupe, mais passe la plupart du temps pour un conjoint parfait. Pour les rares invités du couple, il frôle la perfection ! Maurice sait être drôle, ouvert et agréable, un séducteur, un leader même qu’on voudrait suivre et copier.

Dès la phase de séduction terminée, il suffit que les invités montent dans leur voiture pour que Maurice redevienne ténébreux et brutal. Il n’a de cesse de dévaloriser Ludmi, lui reprochant ses imperfections mais aussi les difficultés qu’il a, lui, « à cause d’elle » ! En cas de besoin il sait mentir avec aplomb et ne supporte aucune critique. La cause première des « crises » dans le couple reste sa jalousie maladive.

Ce qui est amusant pour Atoum c’est qu’il a créé sa petite Ludmi tout spécialement pour que l’emboitement avec Maurice soit solide ! Elle est généreuse et aimable, mais manque de confiance en elle et reste fort naïve. Par honte, naïveté, stupeur ou aveuglement, Ludmi supporte en silence. Jamais elle ne se plaint de la façon dont il la traite dans l’intimité, ni à sa famille si à ces amies. La jalousie maladive de Maurice a tendance à l’isoler de plus en plus de toute façon, elle ne voit plus trop ces amis, ni même sa famille. Ludmi évite de parler avec les voisins car à plusieurs reprise Maurice à menacer de les boxer pour la simple raison qu’ils avaient parlé à sa femme en son absence. Le jeune couple déménage presque tous les ans, ce qui n’aident non plus au maintient des liens.

Ludmi a aussi pour défaut d’être patiente et de croire qu’avec le temps les choses vont s’arranger ! Il faut dire qu’elle a la chance de n’avoir pas céder sur un point essentiel : son métier. Malgré les demandes répétées de Maurice pour qu’elle lâche son « boulot de con » et qu’elle devienne sa secrétaire, Ludmi aime passionnément son travail. Elle y trouve des ressources, des possibilités d’apprendre et de s’ouvrir l’esprit, ce qu’elle adore. Là elle se sent utile et compétente car elle travaille en équipe.

Le cœur de Ludmi, sa passion, son bonheur c’est le joli Athequest. Le bambin est très intelligent, il est drôle et gai, il joue avec douceur même quand son ami Étienne lui pique ces jouets ou son gâteau, il sourit. Ses grands yeux noirs semble vouloir explorer le monde, il cherche à comprendre et s’intéresse à tous ce qui l’entoure. Ludmi ne se lasse pas de la câline, de lui chanter tendrement toutes les petites chansons douces qu’elle connait. Dommage Athequest la peau de son papa, il fait de l’exéma, ses joues s’empourprent, ses plis de bras le démangent. Pour le reste il est magnifique, il marche depuis son onzième mois et Atoum lui a créé une superbe marionnette de poupon dodelinante, avec de longs cheveux noirs et un rire cristal.



deuxième fessée

Ludmi une fois encore supportera la chose en se pensant en partie responsable. Elle repensa aux livres qu’elle avait exigée qu’ils lisent sur les bébés, à tout ce qu’elle lui avait expliqué… Elle n’avait surement pas fait assez, pas suffisamment, pas correctement ! Après avoir pris le temps de retrouver son souffle et sa patience, elle expliqua longuement à Maurice que le bébé apprendrait la maîtrise de ces sphincters dans deux ans environ… Le père promit qu’il ne recommencerait plus et le roue du temps se remit à tourner rond. Ludmi n’oublia pas cet évènement, mais elle pardonna. Les jours suivants, elle reprit confiance en l’avenir.

C’est trop simple de penser que Maurice est un monstre et Ludmi est une pauvre victime ! Cette nana est clairement idiote et responsable de son propre aveuglement ! Pourquoi n’a-t-elle pas pris son bébé sous le bras et qu’elle a fuit loin de cette violence ? Pourquoi elle a supporté, pardonné, continué… ? Hum si ça vous dis de comprendre… nous en reparlerons plus loin… il est temps de clore le chapitre fessées…

Athequest n’avait que vingt jours lorsqu’il reçu une deuxième fessée dans des conditions analogue à la première. Cette fois Maurice, toujours aussi certain d’avoir eut raison expliqua : « là tu ne peux rien dire je changeais sa couche, j’étais penché sur lui et il m’a donné un coup de pied dans l’œil ! Il a fait tomber mes lunettes, il aurait pu les casser. Il faut bien qu’il respecte son père ! »

Il n’y eut pas d’autre frappe sur le bébé, car cette fois Ludmi réagit : elle ne laissa plus jamais l’enfant seul avec son père durant les trois années suivantes. De plus, comme à son habitude quand sa colère est trop forte, elle se déprima. Comment exprimer sa colère autrement, elle l’ignore ! La peur de laisser parler sa violence faisait qu’elle la retournait contre elle-même… Mécanisme peu efficace pour résoudre les problèmes, cette stratégie lui permettait de maintenir les apparences sans « péter les plombs ». Quoi de plus simple qu’une bonne déprime postpartum après un grognement exaspérée contre Maurice ?

Pauvre Athequest, coincé entre un père violent, centré sur lui-même, et une mère s’aveuglant, têtue et trop vaniteuse pour changer de cap, divorcer pour sauver son enfant !



le premier né

Il était jaloux, par amour disait-il. Ludmi bien que capable d’aimer de tout son cœur ne se sentait pas jalouse, mais plutôt confiante dans les capacité d’évolution de son compagnon . Elle supportait sa jalousie, le pauvre avait si peu reçu ! Comment ne pas comprendre son angoisse de perdre ?

Ludmi pensa rapidement qu’il était fou, mais que l’amour le sauverait. De plus fière et entêté elle savait que pour elle il ne saurait-être question de donner raison à ces parents qui voulaient tant qu’elle rompe !

Les cris raisonnaient de plus en plus souvent dans l’appartement du couple. Maurice ne supportait pas de dépendre financièrement de sa femme, le pauvre ! Elle comprenait et lui pardonnait.

Ludmi se fâchait rarement. Un jour cependant, alors que son mari lui maintenait fortement les poignets en les tordant elle lança : « touche moi, frappe moi une seule fois et tu ne me reverras jamais. » Il dû sentir sa sincérité car il ne récidiva pas. Il était de toute façon bien trop sophistiqué pour en venir aux mains. Il existe bien des façons de tenir son partenaire non ?

Ce que Ludmi aimait par-dessus tout c’était les enfants ! Voir un être grandir et s’épanouir lui semblait le plus beau des spectacles. Elle s’inquiétait cependant. Maurice lui semblait bien en difficulté pour gérer les petits. A deux reprises elle l’avait vu prendre un gosse et le jeter au loin, sans mesurer ni la force de son jet, ni les conséquences si l’enfant se cassait en retombant. Elle voulait croire en la capacité d’évolution de son élu… Cela faisait 5 ans déjà qu’elle patientait, attendant qu’il puisse assumer la paternité de sa progéniture ! Elle fit alors le pari le plus débile de sa vie : Ludmi recueillis Léa, une petite chatte de deux mois, se disant « simplement » : « s’il ne tue pas le chat, je fais un enfant avec lui ».

La chatte ne mourût pas, les rideaux du salon si.

Ludmi n’acheta plus de pilule et fut enceinte de suite.

Huit mois plus tard la vie fleurit dans les yeux noirs d’un merveilleux petit garçon. Jamais la jeune femme n’avait été aussi heureuse, hypnotisée par l’enfant. Dans un élan animal incontrôlé, elle lui lécha tendrement les joues… Il sentait si bon ! Il était parfait, rien ne lui manquait ! C’était formidable d’avoir créer la vie dans son ventre ! Son ventre à elle, un nid fécond ! Elle se sentait la plus chanceuse du monde. Elle avait réussit ! Elle n’était pas une « rien du tout », elle était une maman ! Un petit garçon, un vrai petit garçon, entier, vivant et beau était là, tout contre elle pour le lui confirmer ! Une énergie chaude lumineuse et pétillante l’irradiait. Tout son être criait de bonheur.

Ils décidèrent d’appeler l’enfant : Athequest. Il était parfait et ferait de grande chose, Ludmi en était certaine ! Ce bébé était le commencement d’une longue aventure ! Elle l’aimait tant, il était si délicieusement précieux !

Le petit allait bien, le retour à la maison était un peu angoissant, mais c’était si merveilleux d’être « la maman » de ce trésor ! C’était sans compter sur l’angoisse du papa qui avait du vivre seul les 5 jours où sa femme était à la maternité.

Le bébé semblait vouloir découvrir le monde avec ses grands yeux. Il était si doux, sa peau sentait la tendresse. Il dormait avec une confiance fascinante, souriant parfois dans son sommeil. Quel plaisir intense de le regarder heure après heure ! Ses longs cheveux bruns, ces pieds minuscules, ces petits doigts s’accrochant à l’index de sa maman, c’était le paradis.

Athequest avait quitté le ventre de sa maman depuis 10 jours déjà, lorsqu’elle l’entendit soudain hurler. Bouleversée Ludmi arriva en courant dans sa chambre. Le bébé sur le matelas à langer portait de grosses traces de doigts rouges sur les fesses. En apnée elle demanda à Maurice ce qui c’était passé. Celui-ci expliqua simplement, sans gène apparente, qu’il avait mis une fessé au petit.

Qui d’entre vous à vécu un tremblement de terre ? Un vrai, un gros séisme, qui vous cloue au sol et fait tout tomber autour de vous… Soudain se sentir incapable de déglutir, de penser, de ne pas exploser en mille éclats comme les particules d’oxyde métallique arrivée à incandescence lors d’un feu d’artifice… Ludmi entendit le crissement de la roue du temps qui se fige. Quelque chose lui a attrapée le cœur et l’a criblée de plomb. C’est un film, c’est une blague, c’est … non ce n’est pas possible ! Dans un coup de silence assourdissant de vibrations d’horreurs, la voix sortant en gargouillis horrifié elle a balbutiée : « Tu as fait quoi ? »

Les yeux trempée, en berçant doucement Athequest contre elle pour le consoler, elle entendit Maurice expliquer : « J’étais en train de lui mettre une couche propre et il a fait pipi dedans ! Il faut bien qu’on lui apprenne à respecter le matériel non ? »



L’installation en couple

L’installation dans le petit appartement aménagé dans les caves d’un immeuble n’a pas été triste. Le jeune couple n’avait pas de meuble mais heureusement ils avaient des amis. Une table de camping et deux caisses pour faire les chaises c’est très suffisant quand on a vingt ans ! On leur prêta un lit d’appoint sur roulettes. Plusieurs fois par jour Maurice s’y exerçait à la gymnastique sur Ludmi. Le lit au début contre un mur finissait invariablement au centre de la pièce. Cela faisait beaucoup rire. Ils reçurent aussi une vieille gazinière fonctionnant encore, sauf le four. De bric et braque ils finirent par s’y sentir comme chez eux.

Bien sur les parents des deux familles étaient furieux contre cet emménagement, alors par défit, et bien qu’ils n’y soient pas eux même favorable, ils se marièrent. Le mariage fut un énorme fiasco, la famille de Maurice étant soit absente soit saoule. La famille de Ludmi était là mais ils avaient amené avec eux leur colère et leur refus de cette union. La fête fut gâchée du début à la fin. Ludmi s’en souvient comme un des pires jours de sa vie. Défier ses parents, prendre son autonomie, ça a un prix qu’on imagine pas toujours !

Heureusement la chance sourit à la petite marionnette qui réussit à devenir éducatrice pour adolescents comme elle l’avait toujours rêvé. En dehors de ce travail nourrissant et formateur, Ludmi se consacrait entièrement au bonheur de son compagnon. Dans une ambiance où elle se sentait « en communion » elle pouvait supporter et même prendre du plaisir dans n’importe quelle situation.

Maurice n’aimait pas ses amies, pas de souci elle ne les voyait plus. Sa famille rejetait son « homme » pas grave, elle les trouvait détestable de ne pas respecter son choix. Son mari voulait qu’elle partage ses loisirs, parfait, ça soude le couple. Aucun souci de passer tous ses dimanches dans les moteurs de voitures pour aider et faire passer les tournevis, tant qu’ils étaient ensemble.

Bien sur Ludmi avait remarqué quelques petits défauts chez son mari. Il était obsessionnel, violent, exclusif, exigent et peu soucieux de son bien être à elle, mais… il avait été mal aimé ! Ludmi était convaincu qu’en lui donnant beaucoup d’amour il s’épanouirait ! De toute façon pour elle pas question de reculer, elle avait défié la famille en osant dire « c’est lui que je veux », elle ne reviendrait pas dessus et le soutiendrait jusqu’au bout de ces forces ! Autant la marionnette Ludmi était tout en rondeur joviale, autant celle de Maurice était anguleuse et en tension. La jeune femme pensait vraiment que la violence et les rituels obsessionnels de Maurice diminueraient avec le temps… Elle se trompait.

Elle n’osa qu’une seule fois remettre en cause l’appétit sexuel gargantuesque de Maurice. Il répondit par un verdict sans appel : « elle était frigide et il allait se suicider ». Le sujet fut clos, afin d’éviter une fin prématurée du spectacle. Ludmi tolérait ces ardeurs, qui heureusement étaient aussi brèves que fréquentes. Le public joyeusement lui lançait de chaude proposition pour le calmer dès qu’il s’énervait. Cela fonctionnait !

Pauvre Maurice que ces parents n’avaient jamais rassurés sur sa propre valeur, si mal-aimé ! Il avait tant besoin qu’on croit en lui ! Oui il était violent, comme tous les écorchés vifs qui souffraient ! Ludmi s’efforçait d’être une deuxième peau pour l’aider à supporter le monde et ses misères.

Lorsque le salaire de Ludmi fut suffisant, Maurice quitta son méchant patron et ils s’installèrent à Lyon. Durant deux long mois ce fut pour lui le chômage.



la dernière de l’oiseau

Atoum Pankouymir est un artiste reconnu sur la place de Lyon, il attire tous les publics. Chacun peut se retrouver dans les personnages haut en couleur qu’il met en scène. Les petits drames familiaux tournés en dérision agissent comme des exutoires de la morosité ambiante. Ce qui est agréable dans ce métier ce n’est pas seulement le moment du spectacle c’est aussi toute sa préparation. Il faut créer les décours, la mises en scène, et parfois même le script, sans parler des marionnettes elle-même. Atoum préfère cette qu’il anime avec des fils de nylon. Il a suivit durant 2 ans les cours d’art dramatique, en plus de son DMA Marionnette. Sa « petite Ludmi » est réalisée comme les précédentes en bois et papier mâché.  Elle a de petits yeux, et de minuscules oreilles portant de grande boucles colorées. Sa d’une tunique col mao, couleur indigo, est serrée sur son jean par une large ceinture à paillette argentées. Bien que très pâle, son faciès respire le dynamisme volontaire.

Le script du spectacle qu’il commencera avec elle dans un mois a reçu la validation de son producteur. Atoum peaufine les décors, l’équipe de marionnettistes s’entrainent déjà à placer sa voix, à lancer des éclats de rire au ciel comme ce nouveau personnage devra le faire. La pièce se déroule en un peu moins de 6 mois. Ça le mènera fin juin, c’est parfait. Si tout va bien, il aura se fera ce voyage en Écosse, y vivre tranquillement jusqu’à novembre en préparant le spectacle suivant. Il a bien le temps et n’y pensera pas avant le retour de vacances… 

Arfff il entend déjà les mouettes ! Patience ! Il faut d’abord lancer Ludmi devant les projecteurs, lors du grand final de l’oiseau sans ailes… Atoum ne fait rien de plus que ce que lui a enseignée depuis l’enfance la télévision ! Il ne finit jamais un spectacle, sans mettre son auditoire en haleine ! Naïvement les gens croient venir voir la « libération » de Maurice, or Atoum va leur donner à investir sur Ludmi… et ils se sentiront obligés de revenir la saison suivante pour savoir la suite ! La vente de produit dérivé va encore monter avec l’arrivée du nouveau personnage !

Le ferrage de la clientèle marche si bien qu’Atoum touche autant d’argent avec les entrées, (bénéfices sur frites et glaces compris) qu’avec les enregistrements filmés de chaque spectacle qu’il vend à l’unité pour les gens ayant manqué un épisode, ou pour ceux qui veulent en conserver une version. Pour sortir de théâtre on peut, si on le souhaite, passer devant la caméra… et faire ainsi partie du « public de la vidéo ». Les gens adorent ! Bien sur la plus grosse source de revenu d’Atoum Pankouymir reste les droits vendus aux différentes télévisions qui retransmettent les spectacles. Le seul inconvénient de ce succès c’est l’insistance du producteur pour qu’Atoum déménage son théâtre vers un espace pouvant accueillir plus de monde ! Non décidément le spectacle de Pankouymir restera intimiste encore jusqu’à la fin de l’année au moins, ensuite, on verra !

Commençons par satisfaire la salle pleine qui réclame à grand cris la fin de « l’oiseau sans aile ». Sous les applaudissements ravis la marionnette Maurice fait son entrée. Il penche sa moto à toucher du genou dans les virages. Il stop le moteur dans un petit village d’Ardèche. Une fille lui a donné rendez vous là, elle se nomme Ludmi. Ils boivent un café, la fille offre des fleurs des champs à sa moto. Il est sous le charme. Il lui explique comment sa mère ouvre tout ces courriers à la vapeur pour les lire, qu’il doit tout fermer à clés dans sa chambre car elle fouille… Elle lui raconte combien elle rêve de quitter la baraque familiale. Un premier baiser excite la foule et clos le premier acte. La scène finale se passe chez la mère de Maurice, Ludmi a quitté sa famille pour s’installer avec lui. La tension monte. La haine est palpable de la mère sur la belle fille.

Maurice est sommé de choisir. Il s’enfuie avec sa copine sur sa moto ! Le public foule est soulagé et heureux, mais le rideau s’ouvre une nouvelle fois sur le petit appartement du jeune couple… La marionnette Ludmi, seule, harangue la foule : Et alors ? Vous croyez quoi ? Qu’un oiseau sans aile ça peut faire un bon mari ? Un bon père de famille ? Un professionnel sérieux ? Vous croyez que ce sera quoi, ma vie avec lui ? Pour ceux qui voudraient le savoir… je vous invite à venir trouver toutes ces réponses là dans le nouveau spectacle de Atoum Pankouymir : « les fils de Ludmi »… à bientôt, prenez soin de les uns des autres, je garde le théâtre au chaud pour vous !



l’oiseau sans aile

Encore deux semaines à tirer sur le spectacle « l’oiseau sans aîle ». Atoum sourit, comme il ne joue que trois soirs par semaine, il lui reste six séances à gérer. Ça passera vite finalement. Les dernières sont souvent amusantes, le public est à cran, il veut savoir la fin… Ca fait trois ans déjà que les adultes ont retrouvé le chemin du théâtre de marionnettes.

Imaginez, vous sortez du travail ou des cours fatigué, pas envie de cuisiner : vous entrez chez Pankouymir. Une hôtesse charmante vous accueille, vous fait choisir votre sauce pour les frites, votre glace, et vous fait entrez, votre cornet de frites en main sans même vous apercevoir que vous avez sortit de l’argent de votre portefeuille ! Une fois confortablement assis, la glace déposée dans le mini congélateur de l’accoudoir de votre siège, vous « sirotez » vos frites durant le spectacle ! La séance de 21h00 fait toujours salle comble. L’idée de proposer des histoires à épisodes à été un trait de génie. Le concept de sortir en couple ou entre ami pour venir « voir sa série » est devenu très mode ! Les émotions circulent, le suspense monte. Lorsque le rideau tombe, le marionnettiste (comme le public) sait déjà qu’ils reviendront la semaine suivante pour savoir la suite…

Allez on installe l’avant dernière scène de « l’oiseau sans aile ». Il va finir par se casser le cou celui là mais il ne l’aura pas volé !

Je vous résume le début de cette histoire : Le héros, Maurice est le fils d’Augustine. Cette dernière, maltraitée successivement par les quatre maris alcooliques de sa mère, était devenu pervers narcissique ! Incapable d’amour ! Elle ne lançait une gentillesse que pour l’annuler aussitôt par une banderille colorée et acide. Quant père de Maurice, si son corps était bien revenu de la guerre, il n’avait plus toute sa tête. Son cœur, mort au combat, n’avait pas assez de force pour résister à sa femme. Comment grandir confiant dans ces conditions ? Ce n’était pas la faute du jeune homme s’il était si agressif lorsqu’on s’approchait de ses affaires !

La mère semblait le penser fragile, toujours si proche de la faucheuse ! C’était très in-sécurisant. Il avait pourtant du potentiel, une vraie force de caractère !

Maurice était peintre à ces heures. Oh, bien sur, il tenait des propos étranges sur les artistes : il refusait d’aller dans un musée afin de ne pas risquer d’être influencé dans sa créativité. Il refusait d’apprendre, les cours ne pouvait que le changer, le déformer, lui nuire pensait-il. Il refusait de lire un livre qui ne soit pas vierge.

Pas mauvais au lycée, Maurice n’obtint finalement aucun diplôme car il a fuit dans la forêt le jour de bac, de peur de louper son test. De toute façon il est convaincu que les examens ne servent à rien. Une des phrases ritournelles du jeune homme c’est « où ça passe, ou ça casse »… il était dure et exigent avec lui-même. Il attendait de tous les mêmes efforts, sans limite, sans nuances, sans faiblir.

La couleur rose le mettait en colère, il criait que c’était la couleur des « tarlouzes » Le jaune le rendait violent car il « savait » que c’était « la couleur des cocus » !

Tout ce qui lui résistait devait être détruit ! Un jour ne parvenant pas à dévisser un boulon dans le moteur d’une voiture il prit un marteau et frappa violement les murs autour de lui, jusqu’à s’épuiser.

Professionnellement, Maurice n’avait pas de chance non plus ! Voulant produire et vendre des plançons sur le marché, il avait omis de demander une patente de commerçant et avait du détruire toute sa production ! Il travaillait dur pour un paysagiste incompétent qui ne reconnaissait pas la valeur du jeune homme.

Il aimait les motos, les plantes et commander. Oh ce n’était pas pour jouer au chef, c’était juste pour garder la maitrise sur toute chose, cela l’aider à gérer ces angoisses.

La scène du jour racontait comment le pauvre garçon devenu adulte tentait d’échapper à l’emprise maternelle sans jamais parvenir à garder une copine. Sa mère y veillait !

Juste avant que le rideau ne tombe, on voyait Maurice, rempli de haine et de rancœur prêt à exploser. Allait-il tuer sa mère ? se suicider ? Prendre sa grosse motos et disparaitre pour toujours ? La musique de fond devenait endiablée et le rideau rouge s’abaissait sur des applaudissements fanatiques.

 



nouveau départ

Un verre à la main, Atoum Pankouymir se laisse choir dans le canapé, fasse à la cheminée. Il est très satisfait de sa dernière création ! Oui décidément cette une marionnette qui lui plait beaucoup. Elle va enrichir sa collection et rénover son répertoire de pièces.

Il commençait à se lasser du petit drame intime qu’il joue chaque soir depuis six mois. Le truc des parents monstrueux, ça fait toujours recette au théâtre, le public l’adore. Cependant, d’expérience, Atoum connait l’odeur des premières brumes d’ennuis lorsqu’elle viennent polluer son plaisir de jouer la pantomime. Ce nouveau personnage provoque excitation et l’appétit créatif dont il a besoin pour aimer ce boulot.

Il avait déjà pas mal d’idées pour son prochain spectacle :

l’Histoire se passe après la deuxième guerre mondial, dans le milieu ouvrier. Une famille nombreuse, le père bosse dans le bâtiment, la mère s’occupe des gosses et de la maison.

Tiens il va appeler le père : Georges !  Un nom de président et de chauffeur ! Impeccable, pour ce gars qui n’est ni l’un ni l’autre et qui a si peur de n’être rien. C’est un menuisier, fils de maraicher qui a quitté la terre et l’alcoolisme paternel en travaillant le bois ! Tu parles d’un saut vers « la haute ». Le bonhomme est respectable cependant,  bossant pour un patron la journée, bêchant son jardin le soir. Il économise pour s’acheter une voiture. Son plus gros défaut, c’est de croire avoir l’air intelligent en rabaissant sa femme. Le gars n’assume pas d’être lui, défaut d’égo sans doute, vivant dans la hantise du « qu’en dira-t-on » ! Quel drame si un jour sa femme ou ses gosses lui « font défaut » et le couvre de honte ! Un comportement « pas comme il faut » le trahirait et montrerait ses origines : «tout en bas » de son échelle de valeur.

La mère c’est « Odile », une pétillante bohème qu’on aurait surement appelé « enfant précoce » si cela avait existé à son époque. La belle Odile vient d’une famille explosive (père fou et mère indifférente/frigide). Odile est l’aînée, elle épouse Georges comme on saisit une bouée dans un tourbillon marin. A la vie, à la mort, pour le pire, le meilleur et tout le reste. Odile se donne à l’homme qui la charme et se range pour toujours à son avis, du moins en apparence.

Afin de parfaire la famille, Atoum Pankouymir rajoutera quatre/cinq gamins, et sa petite dernière création, faisant grandir le tout dans un quartier bourgeois de la banlieue Lyonnaise. Terreau parfait.

Le marionnettiste à appelé son nouveau pantin « Ludmi ». Cocasse ce nom qui n’en est pas un. Les sonorités lui font penser à un livre lu à moitié, comme si quelque chose poussait à s’arrêter avant la fin… Oui, la gamine serait « lu à demi », une part d’elle sera à deviner par le spectateur. Il faut toujours laisser une partie d’imaginaire parfaire le jeu des marionnettes, le public se les approprie plus facilement ainsi…

Pour son caractère, c’est simple : un genre de « mère Theresa », une nana toujours positive, aimant aider les autres et rêvant d’abolir la faim dans le monde… Pour que ce soit plus drôle, Atoum a donné à la gamine une forte énergie, que ce soit dans l’utopie ou l’abnégation, elle ne renonce jamais. Intelligente, mais épuisante, maladivement honnête, avide de tout connaitre, un brin rebelle, absolument fidèle et surtout « comme papa » incapable de se penser aimer et méritant de l’être.

Atoum se créer toujours un  petit roman de l’histoire de ces personnages, afin de leur offrir une existence palpable pour lui lorsqu’il les met en scène. Il imagine Ludmi dans sa chambre d’ado. Pleine de certitudes et de désirs. Le pantin grave de grandes phrases sur les murs de sa chambre : « Le Respect doit être à la base de tout » ; « Dieu n’existe pas » ; « Je veux 6 enfants et être éducatrice pour adolescents » ; « faite l’amour pas la guerre » ; « Liberté pour tous ». Souvent triste et seule au fond d’elle, pour tous elle reste « la gentille et le clown toujours disponible ». Elle fait du sport le WE, s’ennuie à l’école, se maintenant juste à la moyenne pour ne pas se faire remarquer.

Atoum boit une goulée de son demi sec en soupirant d’aise. Hum, ce sera plus drôle si Ludmi croit les hommes potentiellement dangereux ou effrayants ! On va dire que la cloison entre la chambre des parents et celle de Ludmi est si mince qu’elle entend chaque nuit des gémissements étranges. La greluche croira comme ça que la nuit son père devient un loup garou et maltraite la mère ! Si ce n’est pas suffisant on s’arrangera pour que son frère ainé profite durant toute son enfance de la gentillesse de la gamine pour la manipuler, l’exploiter et plus si affinité !



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